Tinga à Valérie BONIN

Ma belle, ma Chérie, ma poupée jolie...
Voilà tu es partie....

Toi qui avait si peur de me quitter, de me laisser,
Toi qui n’était que l’ombre de mon ombre, l’ombre de ma vie,
Je te remercie pour tous ces instants passés en ta compagnie.
Que la vie va être bien fade et triste sans toi
Tu es partie en emportant avec toi une partie de ma vie.

Quand tu as vu la lumière, celle qui allait te séparer de moi
Tu as senti que c’était fini, que la vie allait nous séparer ainsi.
Tu as hurlé pour pouvoir rester mais n’y toi n’y moi n’avons pu contrer le destin...
Celui qui à la fois a permis de croiser nos chemins et qui a décidé d’y mettre fin.

Sache que je ne cesse de te pleurer,
Un grand vide tu as laissé...

Alors ma chérie, maintenant que tu es partie,
Je te demande de ne pas te retourner et d’avancer,
Ne pense pas à moi,
Un jour promis on se retrouvera,
Va vers ce coin de paradis, retrouver pleins d’amis....

Ma belle,
je t’ai aimée, je t’aime et t’aimerai pour l’éternité

Tu me manques terriblement...

Ma TINGA...

La vie sans toi se révèle être plus que difficile...
Ce vide que tu me laisses...
Ce sentiment de culpabilité, d’abandon et ce, au moment le plus important...
C’est pour moi une souffrance quotidienne
Quotidienne ne correspond même pas à ce que je ressens...
Il n’y a pas une seconde où je ne te cherche, espérant te voir arriver, débouler...
Je ne suis pas la seule à te guetter...
La vie sans toi, je me répète, est bien fade,
La maison ne vit plus, je ne vis plus...
Je suis si triste...

J’espère que de là haut tu m’entends,
Que tu entends cette peine, cette douleur
et encore une fois...que tu me pardonnes...

Je ne veux pas te bloquer dans ce passage
Où un retour vers moi est impossible...
Je sais que je dois te donner l’ordre d’y aller,
Sans te retourner et cet ordre je te l’ai déjà donné...

Seulement j’ai l’impression que tu ne m’a pas écouté...
C’est peut être à cause de moi car tu me sens si désespérée
Et tu n’as jamais aimé me voir pleurer...
Du temps devra s’écouler...ma jolie poupée...

Mais surtout je ne veux pas te bloquer
Suis ta destinée...et je me sentirai peut être apaisée...
Un jour, tu viendras me chercher et nous serons réunies pour l’éternité...

Je crois que je pourrai continuer à écrire pendant des heures,
Mais hélas, cela ne ramènera pas notre bonheur...
La sérénité nous a quitté,
Encore une fois, je t’aime ma poupée...

Je sais que je dois m’occuper de ta "petite soeur",
Mais elle aussi te pleure...et je suis si fatiguée...
Alors, envoles toi vers cette nouvelle contrée
Où tout n’est que bonheur, calme et volupté...

Je t’aime ma poupée...

Valérie Bonin

Vendredi 11 juillet 2008

Ton histoire, notre histoire...

Toutes les histoires ne se terminent pas bien, c’est pourquoi je commence par la fin. C’est en ce mardi 8 juillet 2008 que tu es partie...que tu nous as quitté, emportée par une CMD. J’ai eu la chance de partager 6 ans et demi de ma vie en ta compagnie et je vais essayer d’en faire le récit.

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours baigné dans le monde canin. Mon 1er chien et aussi ma 1ère souffrance c’était un Berger Allemand.
De par ton histoire ma chérie, je rends également hommage à tous tes compagnons qui ont fait partie de ma vie...

Après REX, il y eu TAMARA, un caniche puis son heure arriva. Après elle, vint APOLLON, de nouveau un superbe Berger Allemand. Puis j’ai quitté la région parisienne pour rejoindre le sud de la France et j’ai croisé SAM, un setter croisé labrador.
Ce fut ma 1ère très très grande déchirure (mais heureusement pour moi, tu étais là ....)

Comme un chien ne me suffisait pas, il y eu l’arrivée d’ORCA, une femelle croisée bichon et coton de Tuléar.
Puis un matin, partant travailler j’ai croisé sur mon chemin un Dogue Allemand. Sans connaître la race, j’ai de suite trouvé ce chien très majestueux, affectueux, véritable clown à ses heures et qui malgré sa taille impressionnante faisait preuve d’une délicatesse surprenante.
Et c’est ainsi que je suis tombée sous le charme de la race.

Je me suis donc mise en quête de trouver un éleveur sur la région et en 2001, internet ne me donna qu’un nom. J’ai alors forcé mon compagnon à aller sur place, juste pour voir...

L’éleveur nous présenta sur une table 3 chiots. Notre regard ne s’était même pas posé sur celle qui par la suite devait s’appeler TINGA. Pourquoi...? la couleur de sa robe peut être, je ne sais pas...et puis les bébés ne devaient avoir qu’une quinzaine de jours, il ne pouvait pas y avoir le signe que l’on attend quand on dit que c’est le chien qui choisit

Après au moins 1 heure, nous étions décidés mais notre choix ne s’était pas porté sur celle qui devait partager ma vie...Les 2 autres chiots ont fait leur besoin sur la table, pour mon compagnon c’en était trop et le choix se porta alors sur celle que nous n’avions pas du tout regardé et qui surtout, avait fait preuve d’une grande propreté.

Je vous rassure, par la suite, elle s’est bien rattrapée...et voilà ...ma poupée était réservée...
Pour le nom, nous hésitions...TINGA ou TWISTER. Le choix se porta sur TINGA mais avec un regret par rapport à la suite...

L’arrivée à la maison

J’étais très impatiente de la récupérer et de la présenter à mes 2 Amours SAM et ORCA. Evidemment l’arrivée d’un autre chien dans la maison ne fut pas à la hauteur de mes espérances : la Gueule....

Puis avec le temps, SAM et ORCA commencèrent à s’intéresser à cette boule de poil bien remuante.
Chiot, elle n’a jamais fait de grosse bêtise, elle était simplement prise de passion pour tout ce qui nous appartenait (un vêtement, une chaussure...). Par contre, elle n’a jamais abîmé, juste déposé un gros paquet de salive que tous les propriétaires de Dogue connaissent bien.

Les années s’écoulèrent, jamais malade mais pas chanceuse...Pas chanceuse car chiot encore, lors d’une sortie, elle s’est faite attaquer par un Berger Allemand. Puis un autre jour, elle s’est faite piquer par une guêpe et ma poupée était allergique ; en l’espace d’une 1/2 heure elle était devenue "Eléphant man".
Je vous assure, elle était complètement déformée. Panique évidemment et direction le véto en urgence un dimanche...Les insectes étaient depuis devenus notre "bête noire".

A l’époque je savais que les torsions d’estomac guettaient les Dogues alors très consciencieusement je lui ai fait bouillir des ailes de poulet jusqu’à ce qu’elle puisse les manger crues.
Je pensais lui avoir épargné une des 1ères causes de mortalité.
Je n’avais jamais entendu parler à l’époque de la CMD.

Puis vint l’année 2005...

Séparation avec mon compagnon, verdict pour SAM : le 9 juin cancer des os avec une espérance de vie de 45 jours seulement.

Son compagnon, son modèle, son grand frère allait nous quitter et surtout à moi de prendre cette saleté de décision en me demandant quand serait le bon moment et comment je ferai avec TINGA et ORCA pour qu’elles ne voient pas...

En un 3 septembre 2005, après 3 mois de cauchemar j’ai enfin trouvé le courage. J’ai donc appelé le véto, il est venu et lui a fait la fameuse piqure. TINGA savait, elle est allée s’enfermer dans la salle de bain et oui elle a fermé la porte avec son museau ; Orca, quant à elle, est restée et lui a rendu un dernier hommage : plein de bisous (ce qu’elle a du reste fait également avec TINGA).

Quand je me relis, je trouve que finalement je ne vous raconte pas des moments très gais de sa vie , mais pour elle, comme pour moi, ce moment douloureux fut un cap.

Je dois avouer que durant ces 3 mois, je l’ai négligée pour m’occuper de SAM, celui qui lui avait tout appris...
Depuis cette date, nos vies se sont liées ; elle m’a apporté réconfort, m’a fait sourire, m’a fait comprendre que la vie continuait, qu’elle ne pourrait jamais remplacer SAM mais qu’elle était là pour me faire sourire quand je pleurai, pour me faire des câlins que seuls les dogues savent faire...
Depuis cette date, une complicité inexplicable s’est imposée.
Elle ne me quittait plus, jusqu’aux toilettes, veillant certainement sur moi à chaque instant...

Elle m’a fait des cà¢lins inimaginables...me poussant à sourire même quand je n’en avais pas envie,

et oui...elle était comme à§a ma poupée jolie....

Evidemment, nous avons déménagé, nouvelle épreuve : séparation, disparition de SAM et nouvelle maison.

Tout est passé "comme une lettre à la poste"...

J’étais avec elle, elle m’avait rien que pour elle... et en juste retour des choses, il est vrai que j’ai mis ma vie de côté.
Plus de sortie, afin de ne pas les laisser seules, en effet la semaine suffisait amplement...
Réglée comme une horloge, elle m’attendait derrière la porte avec ses peluches quand je rentrais du travail. Et puis, il y avait le rituel : tout d’abord petit pipi et gros câlins, les félicitant de m’avoir attendu si sagement, sans bêtises, sans bruit (dixit les voisins) et oui...elle était comme à§a ma poupée jolie....
Rentrer à la maison et les retrouver c’était mon havre de paix. Parfois il m’arrivait de danser et elle me regardait en remuant la queue, puis elle se levait comme une folle et allait me chercher une peluche bien collante...c’était sa façon de participer.
Sa passion était de se mettre entre mes jambes, combien de fois j’ai failli tomber...
Mais c’était ma poupée...

Demain cela fera une semaine qu’elle nous a quitté, j’ai l’impression d’avoir de plus en plus de difficultés à écrire. Elle m’a peut être alors pardonné car tous les jours je le lui demande, je lui demande de bien vouloir m’excuser de l’avoir laissée au moment le plus important : celui du passage entre la vie et la mort....

Parfois, quand je suis chez moi, alors même qu’elle n’est plus là, je suis quelquefois apaisée, elle est encore tellement présente...c’est le paradoxe. Je sais que la vie doit continuer et qu’elle ne veut en aucun cas me voir pleurer mais depuis qu’elle est partie c’est également une partie de ma vie qui s’est enfuie.

Pendant ces 3 mois de maladie, j’ai souvent pensé à la mort de TINGA en me disant que si je devais reprendre un chien ce ne serait pas un dogue allemand.
Aujourd’hui je ne sais plus...Ils sont tellement extraordinaires et généreux....

Quand elle était au plus mal courant avril, j’ai même souhaité la voir s’éteindre alors qu’elle était couchée, respirant mal à cause de la CMD, j’ai souhaité " sa mort" car j’étais là près d’elle et elle semblait apaisée.
Puis la vie avait repris le dessus, elle ne se rendait compte de rien, mais tout lui était défendu...

Je vous reparle de ces 3 mois car ce fut pour moi des moments très intenses avec elle où tout c’est mélangé : tristesse, joie, vie, mort, sérénité, détresse.
Je ne suis pas sortie de chez moi pendant un mois, refusant même les visites afin de ne pas l’énerver et lui préserver un calme absolu....

Aparté.. il est 19h45 .je continue à écrire son histoire et d’ici 30 mn cela fera une semaine qu’elle m’a quitté...il y a donc une semaine à cette heure là c’était encore la sérénité, je pouvais lui faire de gros gros câlins, la regarder m’apporter tous ses jouets.
Je ne sais même plus si j’ai eu le temps de lui faire le bisou du soir, d’après le repas, quand elle allait se mettre sur le canapé après avoir copieusement mangé. En effet, les croquettes pour elle c’était fini (elle était ravie du reste) car trop salées, elle avait donc ses 500g de viande blanche, plus petits légumes et carottes (pour ses intestins).
Ma chérie, l’heure fatidique est passée et je ne cesse de te pleurer....Les anges, prenez bien soin d’elle....

Reprise...

J’ai daigné mettre le nez alors environ 1 mois 1/2 après le verdict, il ne faisait pas encore trop chaud, mais les sorties étaient très brèves. J’avais réussi à combattre les diarrhées (très mauvaises pour son coeur) et à lui faire retrouver une respiration normale.

Durant ce mois passé ensemble, 24h sur 24 (j’ai eu la chance d’être à la maison durant ce mois), en huit clos avec ORCA, elle a eu énormément besoin de moi.
Un soir j’ai cru que c’était la fin, elle est sortie pour faire ses besoins et ce soir là il pleuvait... elle est revenue en courant et a glissé sur le carrelage, le coeur a eu du mal à supporter...

Elle s’est retrouvée allongée dans la cuisine dans une position qui, elle aussi, m’a hanté souvent ; mais j’ai réagit suffisamment tôt en lui donnant ses 2 gélules....et c’était reparti...

Le pire, c’est qu’elle ne se rendait compte de rien et chaque fois j’étais tiraillée entre lui imposer un repos absolu et la laisser vivre "sa vie de chien".
En ce mardi 8 juillet, j’avais choisi la 2ème option, en me disant que je pouvais lui accorder au moins 5 minutes de délire...

Parfois, je m’en veux aussi...

TINGA n’a jamais été dressée mais elle m’a toujours écoutée ; la semaine je pouvais partir travailler, étalée sur le lit au moment de mon départ elle remuait gentiment sa queue me souhaitant certainement bon courage. Le week end, c’était une autre histoire...dès la sortie de la douche je l’avais derrière la porte, elle savait qu’après on allait se promener.

Si j’hésite encore aujourd’hui à reprendre un dogue, c’est par rapport à elle et oui, toujours ce sale sentiment de culpabilité et surtout j’ai peur d’essayer de la retrouver et bien sûr de ne pas y arriver.

Je ne veux pas qu’elle pense que j’ai pu la remplacer...
J’espère que de là haut, elle me voit et veille sur ORCA et sur moi...Je l’imagine très bien ne pas vouloir suivre ses copains, à regarder toujours en arrière pour voir si je ne suis pas derrière...je suppose qu’elle ne comprend pas pourquoi je ne suis pas là , et surtout si elle me voit...

Alors j’imagine sa réaction si un petit bout devait mettre les pattes dans la maison.
Tous les soirs, je lui allume sa bougie et je dis "brûle petite bougie, pour ma poupée jolie..."

Quand je me relis, il m’arrive de sourire par rapport à ce que j’ai écrit mais très vite, le sourire fait place aux larmes...car quand j’y repense, toutes ces précautions prises depuis 3 mois (debout 5h du matin - 5h 02 pansement gastrique - 5h32 les 2 premiers comprimés - 6h16 le second - 7h05 les derniers cachets - puis la course pour aller travailler avec la galère des embouteillages. Le soir même galère - départ vers 17h00 du boulot - arrivée 17h40, le fameux rituel et pansement gastrique, puis 1/2 heure après les premiers comprimés - repas, éloigné d’au moins 1h des 1ers cachets et les autres comprimés toujours espacés).
Et comme il n’y a pas de répit pour "les braves", le week end, le réveil sonnait à 6h00, 6h30, 7h30 et 8h30.

A la sonnerie, elle ouvrait tout simplement la gueule pour prendre ses médicaments...un Amour....

Je restais enfermée à la maison jusqu’à 17h00-17h30, nous ne sortions que lorsqu’il faisait moins chaud, humidifiée avec un gant, on pouvait alors affronter l’extérieur.

Finalement, toutes ces contraintes me manquent terriblement, je rentre le soir et il n’y a plus rien mis à part ce vide immense et encore une fois toutes ces précautions pour rien...

Je faisais même des prévisions pour le mois de septembre, date de mes congés, en essayant de les organiser...mais tout à§a en vain car tu t’es éteinte...

Alors, la vie sans toi, je me répète encore et encore est bien triste.

Je pourrai continuer à écrire des jours et des jours mais ton histoire, notre histoire est déjà bien longue.

J’ai l’impression que si j’arrête d’écrire, je coupe le lien...alors pour vous, chers lecteurs son histoire, notre histoire s’arrêtera là . S’il me prend l’envie d’écrire de nouveau, ce sera pour elle, pour ORCA et pour moi....

Je suis sûre que j’ai même oublié des anecdotes mais je suis tellement anéantie...
Alors j’espère que vous me pardonnerez pour n’avoir retranscrit qu’en grande partie, que tristesse, désespoir et non pas la vie.

Mais c’est mon état d’esprit aujourd’hui.

Alors encore une fois, "brûle petite bougie, pour ma poupée jolie..."

Le 16 juillet 2008
Une semaine et un jour....

Valérie