Mémorial Fjörgyn - Djumbo


Mes chers disparus


Djumbo

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Fjörgyn

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Hermone

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Hommage ici


Mémorial Fjörgyn - Djumbo


 En 1987, j’ai été victime d’un grave accident de deltaplane avec fracture de la colonne vertébrale qui m’a immobilisée pendant dix huit mois. En juin 1988, j’ai perdu Pilou ma chienne Saint Bernard de neuf ans, qui avait été achetée à l’âge de 3 mois, immédiatement après le décès de mon mari, et, qui était considérée comme le dernier bébé de la famille par mes trois enfants et moi-même. Début octobre 1988, on m’a transportée couchée jusqu’en Normandie, pour aller voir les bébés chiots dogues allemands bleus ayant fait l’objet d’une petite annonce parue dans la presse.
 Il y avait quatre bébés, deux mâles et deux femelles. Lorsque le coffre arrière de la voiture break dans laquelle j’étais alitée a été ouvert, le petit mâle bleu DJUMBO s’est installé sur mon plâtre et y est resté. Il m’a adoptée. Quelle chance j’ai eue ! ..... Pendant tout le trajet du retour, il n’a pas bougé, n’a pas pleuré et n’a pas voulu sortir, il souhaitait uniquement être contre moi. J’ai recommencé à marcher avec lui. Il se tenait précautionneusement près de moi pour ne pas me déséquilibrer.
 En grande partie, grâce à lui, j’ai surmonté la dépression nerveuse qui me guettait tant mon moral était bas suite à mon invalidité, aux souffrances endurées et à la perspective des activités sportives que je ne pourrai plus pratiquer. Je n’avais jamais côtoyé de dogue allemand et pour moi les premiers mois furent un festival de joies, de découvertes, de fous rires. Mon Djumbo tout en pattes, "Quatre Pattes Gauches" était aussi maladroit que moi. Je l’ai emmené à une exposition régionale de dogues allemands pour le faire confirmer. Il a été confirmé "Excellent". Les juges et connaisseurs présents ce jour-là m’ont dit qu’il était très beau et ont été surpris par son caractère extraordinaire. Je ne connaissais pas du tout le monde des expositions canines, n’ayant jamais assisté à de telles manifestations. Je l’ai ensuite inscrit à l’ Exposition Internationale d’Evian, toute proche de chez moi, où il a été classé 1er.
 Après, il y eut la Nationale d’Elevage du Doggen Club de France 1989 où il obtint le titre de "Jeune Champion du Club et Meilleur Jeune Mâle Français toutes couleurs". Pour ses premières expositions, il fallait un chauffeur car je voyageais toujours alitée. A partir de janvier 199O, je partais seule mais roulais peu de kilomètres par jour. Nous sommes allés à des expositions en Italie, Suisse, Autriche, Allemagne, Espagne, Belgique, Luxembourg, etc.. Nous avons parcouru environ 2OO.OOO kilomètres. Les résultats de Djumbo étaient toujours extraordinaires. J’avais commandé à un élevage une petite femelle qui serait sa compagne et en octobre nous avons eu la joie Djumbo et moi d’avoir Fjörgyn. Au bout de quelques jours, elle faisait de Djumbo ce qu’elle voulait alors qu’il était resté plus de deux ans seul à la maison où il était et restera toujours le roi, le "Pachien". Nous avons continué tous trois à fréquenter les expositions canines dans toute l’Europe. Ma Fjörgyn amorçait également une belle carrière mais elle était beaucoup plus casse- cou que Djumbo et a malheureusement plus tard été victime d’un accident avec fractures diverses ..... Elle a eu des broches dans une patte ce qui l’empêchait de trotter parfaitement. Elle n’a donc pas eu la carrière en exposition à laquelle elle aurait pu prétendre.
 Elle est : Jeune Championne d’Autriche, Championne du Club Belge, a obtenu plusieurs CAC et CACIB.
 Djumbo et Fjörgyn formaient un couple et leur amour était exemplaire. Je ne crois pas avoir rencontré deux êtres qui s’aimaient autant. Un jour que je recopiais une cassette sur laquelle était enregistrée une saillie de Djumbo avec une autre femelle, Fjörgyn pleurait en regardant la télévision. Pendant tous les soins qui étaient prodigués à Fjörgyn chez le vétérinaire, Djumbo était présent et posait sa tête sur elle pour la rassurer. Dans le ménage, Madame Djinou, portait la culotte, elle faisait des scènes de jalousie à Djumbo, qui alors se faisait tout petit ! Ils étaient constamment l’un contre l’autre, les pattes emmêlées, tête contre tête. Leur immense amour transparaissait dans leur attitude quotidienne.Sur toutes les photos, ils sont l’un contre l’autre, regardent dans la même direction, l’un semble l’ombre de l’autre.
 Djumbo blessé à deux reprises par d’autres chiens ne s’est jamais défendu. Par contre, lorsqu’une femelle fox-terrier a attaqué Fjörgyn et est restée suspendue à son cou, Djumbo s’est précipité, a pris la femelle fox dans sa bouche pour l’enlever et l’a reposée par terre. En 1992, fin juillet, ils ont eu cinq bébés : un mâle, Hekla et quatre femelles : Hamoor, Helline, Hermone et Hestia. C’était la première mise-bas à laquelle j’assistais. Quel bonheur ! Elle a eu lieu dans une chambre contiguë à la mienne
 J’ai demandé aux personnes qui voulaient réserver des bébés de venir passer quelques jours à la maison avec Djumbo, Fjörgyn, les bébés et moi. Je veux que les chiots vivent chez leurs nouveaux maîtres dans les conditions les plus proches qu’ici et, avec, si possible, autant d’amour.
 Les premiers bébés sont partis de la maison à cinq mois.
 Hermone était réservée par une connaissance de Thonon mais il n’y avait pas le contact que je souhaitais entre eux. Lorsqu’elle a eu six mois, je l’ai confiée à son maître tout d’abord, une heure l’après-midi, ensuite deux heures, puis trois heures. A six mois et demi, je lui ai donnée mais en lui demandant de me la ramener tous les soirs à 19 heures afin qu’elle mange avec ses parents. Ce qu’il a fait. Le sixième jour, des amis m’ont prévenue qu’ils avaient rencontrés Hermone et son maître à quatre heures du matin et que celui-ci semblait ivre. Lorsqu’il est venu le soir, je l’ai interrogé et il m’a confirmé qu’ils passaient toutes les nuits dans un Club où même Hermone avait une carte de membre et qu’ils ne repartaient que le matin. J’ai récupéré mon Hermone ce jour-là. J’avais gardé la somme qu’il m’avait versée dans une enveloppe et lui ai rendue.
 Elle est : Jeune Championne du Club Italien, Jeune Bundessieger d’Autriche, deux fois première au Championnat du Club Suisse, a obtenu plusieurs C.A.C. et CACIB.
 Hermone est très féminine de morphologie et de caractère. Elle ressemble à une porcelaine de Sèvres. Une de mes amies la décrit ainsi : "c’est un morceau de miel, si on met un peu de chaleur en-dessous, il fond de l’amour". C’est tellement vrai ! ...
 Début décembre 1994, le Docteur Alain Fontbonne de l’Ecole Vétérinaire de Lyon, a fait quatre inséminations intra-utérines et Djumbo a sailli naturellement trois fois Fjörgyn. Le 6 Février 1995, trois bébés femelles sont nées : Larunda qui vit en Suisse, Loreleï qui vit au Portugal et Lémane (la dodue) qui est restée à la maison.
 Larunda a été classée plusieurs fois meilleure Puppy.
 Loreleï à été classée 7 fois première sur 10 Expositions, 4 fois Meilleure de Race, 3ème au Championnat du Monde 1996 à Budapest et 2ème au Championnat de France 1996 Longchamp-Paris.
 Quant à Lémane, qui a 15 mois mesurait 9O cm au garrot, elle a obtenu :
 Jeune Championne Saint Gallen (Suisse) 1996 Jeune Championne de Suisse 1996 Vice-Championne du Monde Budapest 1996 4ème T.B. Championnat d’Europe 1996 Luxembourg 1ère - Championnat du Club de Belgique 1996 Bruxelles 2ème - Championnat du Club Suisse 1996 Meilleure Jeune aux Internationales de Saint Gall Suisse (les 18 et 19 Mai 1996) San Remo (Italie) - Bourg en Bresse (France) - Sur 13 expositions en classe Jeune : 6 fois 1ère Très Bon 3 fois 1ère Excellent sous 12 juges différents en France, Allemagne, Italie, Belgique, Monaco, Luxembourg, Suisse, Hongrie.
 A la demande des Ecoles vétérinaires de Lyon et de Nantes, nous avons fait une saillie Djumbo avec sa fille Hermone.

 Deux bébés femelles sont nées le 13/O5/1995 : Lemta et Langie.
 Elles participeront également à des expositions. Lemta vit à Nancy (France) chez Mr Marc Mouzé-Amady et j’ai conservé Langie à la maison. Toutes les deux participent également à des expositions et obtiennent les mentions "Très Prometteur" en classe Puppy et "Très Bon" en classe Jeune. Alors que je n’ai eu que trois portées en huit ans et seulement dix chiots, j’ai obtenu :Meilleur Lot d’Elevage : à l’Exposition Nationale du Club de Dogues Allemands Suisse 1996 à l’Exposition Nationale du Club de Dogues Allemands Belge 1996 à l’Exposition Internationale de Bourg en Bresse 1996 (France) à l’Exposition Internationale de Monaco 1996 - (Monte Carlo) en présentant : Hermone - Langie- Lémane - Larunda. Les dix enfants sont très beaux, grands, élégants et parfaitement équilibrés de caractère comme les parents.
 Ma vie avec mes chiens :
 Le matin, entre six heures trente et sept heures, nous partons pour une balade d’une heure trente à deux heures dans les bois. J’habite en ville et suis obligée de prendre ma voiture pour rejoindre la forêt. Parfois, Djumbo, partisan du moindre effort, attendait assis dans l’allée supérieure au milieu du parcours, que nous passions dans l’allée du dessous pour nous rejoindre. Alors, je faisais semblant de ne pas le voir, l’appelais, le cherchais sous les pierres, sous les feuilles, en les soulevant... Il m’aidait dans mes recherches, jusqu’au moment où devant mon rire, il se rendait compte du comique de la situation et, vexé, me faisait tomber par terre (avec douceur) pour me mordiller, m’embrasser... aidé, bien évidemment, de Fjörgyn et plus tard des autres ! Djumbo marchait toujours près de moi alors que les chipies partaient plus loin chasser le papillon, le lapin, les oiseaux, etc. Lorsque je sifflais plus d’une fois pour les faire revenir, dès qu’il les apercevait, il allait les rechercher et les ramenait en les tenant par la peau du cou.
 Je vis 24 heures sur 24 avec eux. Je ne fais aucun déplacement ou aucune sortie s’ils ne peuvent m’accompagner. Djumbo n’a jamais été tenu en laisse ni en exposition, ni en ville. Il rentrait seul chez le vétérinaire où tous les soins lui étaient prodigués (même le contrôle dysplasie) sans tranquillisant. Lémane a la même attitude.
 Avant d’avoir les chiots en 1995, j’emmenais Djumbo, Fjörgyn et Hermone à mon travail. Lorsque j’ai eu cinq chiens, cela n’était plus possible, aussi j’ai cessé mon activité et ai eu de ce fait beaucoup plus de temps pour m’occuper d’eux. Au retour de la promenade matinale, ils se reposent soit au soleil, soit sur le canapé du salon. Fjörgyn, dite Madame Djinou, est très téléphile. Immédiatement, elle s’assied sur le canapé et râle si le poste de télévision n’est pas encore allumé !Je prends mes repas sur un guéridon assise sur le canapé au milieu d’eux. Madame Djinou, la goûteuse, contrôle tous mes aliments. L’après-midi souvent nous allons en ville, ceci surtout dans le but de sociabiliser les petites. Djumbo et Lémane ne sont pas tenus. Tous les six, nous faisons sensation et passons difficilement inaperçus ! Djumbo, Hermone et Lémane vont embrasser tous les enfants, tous les gens en chaise roulante. Ensuite, à notre retour, j’essaie de faire travailler un peu pour la présentation (trop peu !), nous jouons. Ils se couchent sur des matelas étendus au soleil. Je les câline, les brosse, soigne les petits bobos.
 La soirée, se passe en principe devant la télévision. Ils sont tous couchés autour de moi. Djumbo pose sa tête sur mes genoux.
 Puis vient l’expédition pour aller au lit. Les cinq dorment avec moi. Le lit mesure 2 M 2O X 2 M 2O. Ils sont tellement collés sur moi qu’un lit plus petit pourrait convenir. Tout d’abord, safari entre Madame Djinou et moi pour la récupération de l’oreiller. Il est pour la première arrivée, Madame Djinou, neuf fois sur dix ! Sauf, quand je le cache sous le lit avant. De toute façon, elle le récupère un peu plus tard. Ensuite, chacun s’installe, sauf moi. Quand tout est calme, je prends ma couette et me mets à l’endroit où je peux m’incruster. Immédiatement, tout le monde se rapproche. Je nous compare à une grappe de raisins dans laquelle je suis la branche et eux les grains, mais que ces grains sont lourds ! Il m’est impossible de dormir sans eux. Je reconnais le souffle de chacun. Je pense aux femmes qui se plaignent d’avoir à supporter un ronfleur, moi, quelquefois, j’en ai cinq ! Dieu, que le lit me paraît vide ces derniers jours ! Même lorsque les femelles du harem de Djumbo sont en chaleurs, il peut rester dans le lit avec elles. Quand il commence à s’agiter, je lui préconise de rester calme, alors, il se serre dans mes bras en soupirant et se rendort. Je peux même partir avec le camping-car et les cinq pendant ces périodes.
 Quant aux expositions, pour eux, ce sont des vacances. Nous circulons en camping-car (spécialement aménagé pour eux avec le même lit qu’à la maison 2 M 2O X 2 M 2O)Je pars plusieurs jours avant, roule très peu, m’arrête fréquemment pour de grandes balades en forêt, des pauses prolongées dans les endroits qui nous plaisent : plages, grands champs, bois, etc..
 Nous n’avons aucune contrainte et je suis beaucoup plus disponible qu’à la maison., pas de téléphone, de ménage, d’importuns... Le rêve ! Lorsque je me trouve dans un coin qui me convient, je m’installe pour quelques jours. J’organise mes déplacements pour pouvoir rester plusieurs semaines dans le même pays et participer à trois ou quatre expositions. De plus, je me trouve à 3O kms de la Suisse, 1OO kms de l’Italie, 23O kms de l’Allemagne, 3OO kms de l’Autriche, etc. donc parfaitement centrée pour mes déplacements.
 A part Langie, la puce, qui a encore peur, les autres aiment les rings. Djumbo, Fjörgyn, Hermone et Lémane sont totalement dans leur élément en exposition. Ils se présentent naturellement. Je pense, qu’ils le font aussi beaucoup pour me faire plaisir. Pour Fjörgyn, absente des rings pendant plus de deux mois, j’ai organisé avec des amis une fausse exposition où elle a été présentée et jugée. Son bonheur et sa fierté d’avoir été la meilleure ont été une de mes plus belles récompenses.
 Djumbo était comme l’a dit Madame Mach Laubli, juge Suisse, alors qu’il avait huit ans, "Le Seigneur des Rings". Il était toujours en présentation et avait une classe inégalée et sûrement inégalable.
 Madame Djinou, elle, cherchait à voir, en dehors des rings, l’ennemi potentiel, elle était donc posée comme une statue et splendide.
 Hermone, également superbe en ring et très attentive, me cherche constamment ; elle aussi est statuaire.
 Langie devrait lui ressembler en présentation avec sa démarche de gazelle et son élégance. Quant à Lémane, celle qui ressemble le plus à son papa toujours prête à aider, à soigner, (je l’appelle Mère Thérésa), gentille, sans problème, mais d’une maladresse inimaginable, complètement dépassée par sa grandeur, son poids, mais reine sur le ring et qui y revient même après le jugement, comme Djumbo.
 La dernière exposition, Championnat de Suisse à Saint Gall, les 18 et 19 Mai 1996 où tous les cinq étaient réunis (même six car nous avions emmené dans le camping-car un jeune mâle fauve de treize mois et sa propriétaire, jeune parisienne passionnée de dogues allemands), a été merveilleuse. Les six dogues dans la même cage, s’entendant à merveille, partageant les mêmes gamelles. Djumbo joueur et heureux et acceptant au milieu de son harem Liebe, le petit mâle. Les résultats sur deux jours d’exposition : quatre chiens présentés : 2 titres de champion pour Djumbo, deux titres de championne pour Lémane, deux C.A.C.I.B. pour Hermone, deux Très Bon pour Langie (classe Jeune). Fjörgyn n’était pas inscrite en raison de sa boiterie.
 Djumbo présenté sur le ring pour la finale de Meilleur Vétéran (toutes races) s’amusait, il mordillait les bras de sa jeune présentatrice et sautait de joie comme un chiot. Ensuite, nous devions partir le 3 Juin 1996, suivis dans un autre véhicule, par Mme Betty Gaurel Gomes de Lisbonne Portugal avec Loreleï (sœur de Lémane) pour plus de vingt jours qui devaient être idylliques ; première étape prévue : visite à ma femelle Hestia vivant à Vienne (Autriche) et présentation à l’Exposition Internationale de Vienne, ensuite Championnat du Monde à Budapest (Hongrie), puis Championnat de France à Longchamp-Paris. M’accompagnaient, un chauffeur bénévole pour le camping-car et une éleveuse qui voulait se rendre à la Mondiale et maîtrise parfaitement la langue allemande.
 A son arrivée, l’éleveuse, trouvait Djumbo amaigri de l’arrière, le ventre volumineux et le poil terne. Depuis un mois, il ne me paraissait pas en forme, fiévreux. Il était soigné par le vétérinaire, qui, suite à des analyses sanguines, avait diagnostiqué une angine, une grippe et ordonné des antibiotiques. Avant notre départ, le lundi 3/6/96 à 11 heures, il ausculte Djumbo, ne constate rien de particulier, semble contrarié par nos questions (il est le vétérinaire, donc compétent, pas nous !). Le mardi matin 4/6, Djumbo semble fatigué. Le soir, il refuse de marcher. Le mercredi matin 5/6, nous l’emmenons chez un vétérinaire à Salzburg qui trouve très inquiétant son état. Il le perfuse et nous adresse d’urgence à Vienne où depuis 21 heures jusqu’à 3 heures du matin des examens sont faits. Le diagnostic est très sombre .... Survie de Djumbo jusqu’au lendemain matin ?
 Le jeudi matin 6/6, à 9 heures, le vétérinaire, Mr Burgstaller, fait une transfusion sanguine avec du sang prélevé à Hermone, ensuite perfusions et poursuite des examens : diagnostic : opération d’urgence. Le véhicule est garé devant le cabinet vétérinaire, les femelles inquiètes ont la diarrhée. Après l’opération, Djumbo se réveille bien et revient en marchant au camping-car. Le soir, Fjörgyn fait une dilatation d’estomac sans torsion. Mr Burgstaller la soigne jusqu’à 3 heures 3O du matin. Vendredi 7/6, Djumbo se remet de son opération mais Fjörgyn se laisse aller et fait une deuxième dilatation. Elle est perfusée.
 Samedi 8/6, à l’arrivée de Loreleï, Fjörgyn retrouve sa vigueur pour la gronder mais elle ne peut pas manger et vomit.
 Dimanche 9/6, tout semble aller mieux. A 14 heures avec le camping-car, je suis la voiture de Mr Burgstaller qui nous emmène en dehors de la ville dans un champ afin que les cinq chiens soient dehors, ce qui n’était pas possible en ville devant son cabinet. Il repose une perfusion à Fjörgyn et reste avec nous. A neuf heures, nous rentrons à Vienne avec lui et stationnons à nouveau devant son cabinet.
 Lundi 1O/6, Fjörgyn va très mal, elle présente une hernie au niveau du pylore entraînant une jaunisse. Elle est très abattue. Mr Burgstaller opère l’après-midi. Lorsqu’on lui fait l’anesthésie, elle se redresse sur la table d’opération, me regarde intensément, m’embrasse .... Pour moi, elle voulait me dire "Je reviens dans peu de temps !" pour elle, c’était un au revoir !
 Sachant que Djumbo arrivait au terme de sa vie, leur amour était si fort, qu’elle a profité de l’anesthésie pour aller l’attendre ailleurs.
 Ma Djinou ! très souvent, elle plantait ses yeux dans les miens, j’avais l’impression qu’elle pouvait lire jusqu’au fond de mon âme. J’aurai tant voulu pouvoir fixer ces instants sur une photographie. C’était quelque chose de presqu’irréel ! Mardi 11/6, mon fils, Stéphane, vient pour ramener à la maison, Hermone qui semble très choquée, Lémane, Langie, le corps de Madame Djinou et Charlie le chauffeur. Nous restons l’éleveuse, Djumbo et moi.
 Djumbo va de mieux en mieux. Le 14, nous reprenons la route, avec beaucoup de haltes pour ne pas le fatiguer. Pour lui, il est très heureux, enfin seul avec moi ! C’est un voyage d’amoureux comme au début de notre vie ensemble ! A la maison, tout se passe bien. Djumbo s’amuse, me tient dans ses pattes, sa tête sur moi (comme avec sa Fjörgyn) pour me tranquilliser.
 Le 24 juin, mon Djumbo s’éteint.
 A l’instant où mes enfants descendent son corps dans la tombe (à côté de sa Fjörgyn), les cloches de l’église de mon quartier se mettent à sonner et pendant tout son enterrement, elles continuent de tinter pour lui rendre hommage. Claudine, mon amie et la leur, qui est près de moi dit "Djumbo est vraiment le chien du Bon Dieu ! Je suis persuadée que Madame Djinou, trouvant qu’il avait mis beaucoup de temps pour la rejoindre, lui a fait une scène ! Ce jour là, plusieurs de ses enfants, disséminés partout en Europe, ont été soit malades, soit stressés. La plupart n’ont pas eu leur comportement habituel. Je me sens amputée. Ils étaient ma vie. Je les aime infiniment et les remercie pour les huit ans de bonheur sans faille qu’ils m’ont permis de vivre, pour leurs merveilleux enfants, pour ceux qui vivent avec moi, qu’ils m’ont confiés afin que je puisse leur survivre.
 Seul rayon de soleil dans ce mois de juin horrible, le surlendemain du décès de ma Fjörgyn, le 12 juin, sont nés en Pologne, neuf bébés de Djumbo, quatre mâles et cinq femelles. La maman, Saphir, est très belle.
 Dans quelques jours, je dois aller avec Hermone, Lémane et Langie chercher cinq bébés (trois mâles et deux femelles). Merci mon Djumbo !



 A très bientôt je vous aime.
 Nicole Dantand


Le Pont Arc en Ciel 
Juin 1996


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